09.12.2009
IDENTITE OU IDENTITES
Entre identité et identités,
il y a une abondance de paysages d’une incroyable diversité : des fleuves capricieux, languides ou indomptables, des montagnes fières et froides et des volcans qui sommeillent, des vallons, des ravines et des gorges de rivières, et des plaines et des mers, le Nord et le Sud, et l’Est et l’Ouest.
Ces paysages ont façonné, avec autant de diversités, us et coutumes, des hommes et des femmes venus de toutes origines.
La France est une mosaïque d’identités.
«La France se nomme diversité.»
Fernand Braudel - L'identité de la France
Définir l’identité de la France, c’est vouloir la réduire à une vision simpliste. Laquelle et dans quel but ? Pour plaire à qui ?
Qu’ont de ressemblant entre eux les habitants d’Alsace-Lorraine et ceux de la région PACA, les Ch’tis et les Languedociens, les Bretons et les Savoyards, les Martiniquais et les Francilliens, si ce n’est l’appartenance à la même race humaine et sa base de revendications humanistes communes.
Pourquoi cette non prise en compte du pluriel d’identités, dans quel but ? Occulter la casse du système et les échecs : le chômage et la dette publique qui augmentent encore plus vite que le réchauffement climatique…. ? Revenir sur la conception républicaine de la nation pour lui préférer d’autres conceptions plus ethniques ?
Ne réduisons pas la citoyenneté à une identité culturelle comme l’ont fait les nazis.
Savoir la place qui est faite aux peuples caribéens dans la société française malgré leur « bonne conduite » - participation aux guerres, à l’économie – depuis plus de 400 ans, montre que la diversité est une grande richesse mais qu’elle est aussi très fragile et ne peut se définir par quelques caractéristiques de questionnaire.
« Nous ne sommes pas des Français à part entière, mais des Français entièrement à part ! ».
Aimé Césaire
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Commentaires
Ma Jeanne sous son chêne,
Ma Louise sous son étendard,
Ma chevalière des causes à gagner,
Ma chérie que t'es belle sur ta croix ce soir...
J'adhère à ce que tu écris, je suis totalement en accord avec tes mots et je crois, une grande partie de tes interrogations et de tes pensées profondes.
Mais qu'est-ce que tu veux que je te dise au sujet de ton billet ?
T'as tout dit, qu'il s'agisse des caribéens ou d'autres, en France ou ailleurs.
Qu'y ajouter ?
Que je t'embrasse ?
On va faire comme ça.
Ziggie
**************
Oui, quoi dire ? C'est mon chant d'amour. Peut-on commenter un chant d'amour ?
Non, bien sûr. Enfin, si. On peut toujours penser qu'il casse les oreilles ou que le ton est faux ou que c'est nul.
Mais on ne le dit pas ou seulement dans les cas d'extrême impatience parce qu'on est bien polis dans l'ensemble et en général.
Ou alors, on aime. Et , quitte à dire n'importe quoi, on dit. Parce qu'il faut bien qu'un chant d'amour se dise.
Parce que c'est ainsi que vivent les grillons et que les hommes chantent.
Et tu chantes merveilleusement bien et les grillons t'entendent.
Bises Darling. M
Ecrit par : Ziggie | 10.12.2009
Paru dans Libération du 19 novembre 2009.
> ÉDITORIAL
> Par MICHEL SERRES
> Professeur à la Stanford University, membre de l'Académie française.
>
> Serres est marqué sur ma carte d'identité. Voilà un nom de montagne, comme Sierra en espagnol ou Serra en portugais ; mille personnes s'appellent ainsi, au moins dans trois pays. Quant à Michel, une population plus nombreuse porte ce prénom. Je connais pas mal de Michel Serres : j'appartiens à ce groupe, comme à celui des gens qui sont nés en Lot-et-Garonne. Bref, sur ma carte d'identité, rien ne dit mon identité, mais plusieurs appartenances. Deux autres y figurent : les gens qui mesurent 1,80 m, et ceux de la nation française. Confondre l'identité et l'appartenance est une faute de logique, réglée par les mathématiciens. Ou vous dites a est a, je suis je, et voilà l'identité ; ou vous dites a appartient à telle collection, et voilà l'appartenance. Cette erreur expose à dire n'importe quoi. Mais elle se double d'un crime politique : le racisme. Dire, en effet, de tel ou tel qu'il est noir ou juif ou femme est une phrase raciste parce qu'elle confond l'appartenance et l'identité. Je ne suis pas français ou gascon, mais j'appartiens aux groupes de ceux qui portent dans leur poche une carte rédigée dans la même langue que la mienne et de ceux qui, parfois, rêvent en occitan. Réduire quelqu'un à une seule de ses appartenances peut le condamner à la persécution. Or cette erreur, or cette injure nous les commettons quand nous disons : identité religieuse, culturelle, nationale. Non, il s'agit d'appartenances. Qui suis-je, alors ? Je suis je, voilà tout ; je suis aussi la somme de mes appartenances que je ne connaîtrai qu'à ma mort, car tout progrès consiste à entrer dans un nouveau groupe : ceux qui parlent turc, si j'apprends cette langue, ceux qui savent réparer une mobylette ou cuire les oufs durs, etc. Identité nationale : erreur et délit.
fraternellement
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Merci de cet avis « savant » Henri. Identité nationale : erreur et délit.
J’aime beaucoup Michel Serres. Je viens de lire aussi :
« Nous vivons une telle coupure d'hominisation, nous sommes plongés au sein d'une telle «hominescence», que beaucoup de nos institutions se trouvent comme ces étoiles dont nous recevons la lumière et dont les astrophysiciens nous disent qu'elles sont mortes depuis bien longtemps. » C’est bien ce que je pense en tous cas de l’actuelle plus haute institution. Ils sont morts mais ils parlent encore !
Bonne soirée. Bises. M
Ecrit par : henri | 11.12.2009
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