05.07.2008
Sexiste
Qu'Ingrid et ses compagnons de captivité soient délivrés réjouit le coeur de chacun de nous et nous en sommes tous heureux pour eux, pour leurs familles.
Souhaiter que ce dénouement ne soit pas récupéré est une position normale dans un pays démocratique. Je le souhaite aussi.
Emettre ce genre de souhait ne devrait pas soulever les foudres et j'espère que les retombées de la moindre critique ou hardiesse de pensée ne vont pas engendrer trop de vilaines attitudes comme celle qui a fait traiter de "petite fille dans une cour d'école" une opposante politique parce qu'il s'agit là de propos sexistes, bien loin des seules divergences de vues politiques.
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14.06.2008
3 septembre 2012
La journée d’Enzo ou l'école de demain....
Enzo est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tachée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d’une grande marque.
La maîtresse parle, mais il a du mal à l’entendre, du fond de la classe. Trop de bruit.
La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu’elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés.
La vieille dame de 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l’intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal.
Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades.
On l’a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 à 12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances.
Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l’a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine.
Il a commencé l’école l’an dernier, à 5 ans. L’école maternelle n’est plus obligatoire, c’est un choix des mairies, et la mairie de son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école.
Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l’école à 3 ans, mais ses parents ont dû payer.
La sieste, l’accueil et le goûter n’existent plus, place à la morale, à l’alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel.
Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante élèves chacun comme une garderie. L’école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès.
Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à comprendre les règles de l’école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l’aider pour les devoirs, ils font trop d’heures supplémentaires.
Mais Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kévin : il doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l’école, pour aider son grand-père, qui n’a presque pas de retraite.
Enzo est au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Élèves.
Il ne reviendra jamais.
Enzo n’oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté.
Il parait qu'il n'avait pas de papiers...
Enzo fait très attention :
Chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère.
Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l’assurance, et ses parents n’ont pas les moyens.
L’an prochain Enzo devra prendre le bus pour aller à l’école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard. L’EPEP (établissements publics d’enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d’enseignant.
Ils seront 36 par classe. Que des garçons.
Les filles sont dans une autre école.
Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Théo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par coeur.
Mais sa mère dit qu’il n’y a plus de travail, que ça ne sert à rien. Le père d’Enzo a dû aller travailler en
Roumanie, l’usine est partie là-bas. Il ne l’a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s’appelle, à cause de la mondialisation.
Pourtant la vieille dame disait hier que c’est très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !
Il lui tarde la récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune soeur de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse dans l’école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c’était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie.
Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner.
Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n’est pas payée. Elle dit : « A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir et faire la classe la journée, c’est épuisant. » Surtout qu’elle dort dans le salon chez Enzo, elle n’a pas assez d’argent pour se payer un loyer.
Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l’abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d’Arc et les dix commandements par coeur. C’est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien…
> > Enzo se demande pourquoi il est là.
> > Pourquoi Saïd a dû partir.
> > Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit.
> > Pourquoi et comment les usines s’en vont en emportant le travail.
> > Pourquoi ils sont si nombreux en classe.
> > Pourquoi il n’a pas une maîtresse toute l’année.
> > Pourquoi il devra prendre le bus.
> > Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages. Pourquoi on le punit ainsi.
> > Pourquoi il n'a pas de lunettes.
> > Pourquoi il a faim.
> >
> > " Projection basée sur les textes actuels, les expérimentations en cours et les annonces du gouvernement.
> > Est-ce l’école que nous voulons ?
> > Le gouvernement a-til reçu un mandat populaire pour cela ?
> > Qu’attendons nous pour réagir ? "
> > Quelle France ????????????????????????
> >
> une enseignante en colère qui aimerait que l'on sache être ambitieux pour l'école.
> PS : si vous soutenez notre action, svp, prenez le temps d'en parler autour de vous ou de relayer ce courriel à votre propre carnet d'adresses. D'avance, merci.
***********
Merci à cette enseignante, auteure de ce texte. Voir ainsi notre futur mis en mots en montre toute l'indigence.
Il s'agit cette fois de LA PESTE. Seront très chanceux ceux qui en réchapperont.
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09.04.2008
Quelques chiffres :
En 2008, il manquera plus de 20 milliards d’euros pour boucler le budget :
Résultat de :
- la faiblesse de la croissance,
- des 9 milliards gracieusement emballés dans le paquet fiscal et
- des promesses électorales non financées.
Solutions prévues par le gouvernement :
- annulation de 7 milliards d’euros de crédits,
- suppressions massives d’emplois publics (155 000 d’ici 2012)
- baisse des dotations en faveur des collectivités territoriales
- hausse de la CRDS
et comme ces mesures seront insuffisantes, la hausse de la TVA et de la CSG est à terme inévitable.
Déjà, le revenu minimum de solidarité active est présenté comme « trop coûteux » et tous les investissements pour le logement, les banlieues, l’éducation, la recherche, la solidarité vont faire les frais d’une politique d’austérité.
La croissance a ralenti en 2007 (-0,1 % du PIB).
Le déficit public dérape (-2,7 % du PIB en 2007 et sans doute -3 % en 2008).
La dette se creuse : en hausse de 50,3 milliards en à peine un an, elle repasse la barre de 64 % du PIB et excède de 5,8 milliards les prévisions du gouvernement.
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07.04.2008
Les immondices
Au cimetière Notre-Dame-de-Lorette près d'Arras,
Quelques nostalgiques de l'idéologie nazie, racistes incurables,
ont tagué leurs immondices
sur les stèles
de 148 tombes
de combattants musulmans
qui sont MORTS pour LA FRANCE
lors de la guerre de 14-18
00:22 Publié dans In' Paradise | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06.04.2008
Charle’in Paradise
(merci de le prononcer à l’américaine – c’est volontairement que je n’ai pas mis le « s » à Charle : c’est mon blog, je fais ce que je veux)
Et puisqu’ON m’a dit qu’ON m’aimait
Quand même…
Deux petites histoires pour se détendre :
C’est un africain (inutile de préciser le pays, ils se ressemblent tous), un africain sans papiers (d’identité, pas de wc) qui courre, qui courre cet imbécile et qui se jette dans une jolie rivière de France.
Comme ça ! juste pour ne pas être attrapé par les reconducteurs à la frontière.
Cela pourrait sembler triste, mais il a tout de même choisi sa mort. C’est déjà bien non ?
Une autre…
C’est une dame, mariée depuis quelques temps à un Monsieur qui a la fâcheuse idée de tomber malade, qu’il faut certainement aider, soutenir, mais qui meurt.
Que croyez-vous qu’il advint ?
Vint une convocation pour reconduite à la frontière.
Heureusement, le Ministre en personne s’en occupa et gagna, gna gna…
La prochaine fois jura la dame, je me ferai plus discrète pour ne pas rater un tel voyage.
Et pour finir…
Ya d’la joie
Bonjour, bonjour les hirondelles
Y a d’la joie
Dans le ciel par-dessus le toit
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